Quand on pousse pour la première fois les portes d’une auto-école pour passer son permis moto, on intègre un tout nouveau monde. Et comme chaque communauté, les motards ont leur propre langage ! Entre expressions imagées, références historiques et anglicismes, il est parfois difficile de s’y retrouver quand on débute sur le plateau.
Vous préparez votre permis ou vous venez d’acheter votre première moto ? L’équipe d’Easy Rider vous a préparé un lexique complet pour décoder les expressions incontournables du jargon motard. Sortez vos carnets !
Comment dit-on « accélérer » en langage motard ?
À moto, l’accélération est une affaire de sensations, mais aussi de vocabulaire. Pour dire à vos potes que vous allez mettre du rythme, vous avez l’embarras du choix.
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Enrouler du câble : C’est l’expression technique par excellence. Sur la grande majorité des motos, la poignée de droite actionne un câble mécanique. Lorsque vous tournez la poignée, ce câble s’enroule tout simplement autour d’elle pour ouvrir les gaz.
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Mettre du gaz (ou un filet de gaz) : Empruntée à l’aviation, cette formule désigne l’action d’envoyer le mélange air-essence dans le moteur pour faire avancer la machine. Si on vous conseille de mettre un « filet de gaz », cela signifie qu’il faut accélérer très légèrement, une technique essentielle pour stabiliser la moto dans les virages.
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La poignée dans le coin : Ici, pas de demi-mesure. Cette expression signifie que l’on accélère au maximum, jusqu’à ce que la poignée arrive en butée.
Le rappel de sécurité d’Easy Rider : Attention, la route n’est pas un circuit ! Si l’envie vous prend de tester les limites de votre machine, faites-le dans un cadre sécurisé et encadré. Sur la route, on oublie l’ego et on privilégie le plaisir sans prendre de risques inutiles.
L’arsouille et la bourre : entre mythes et bandes dessinées
Si vous lisez des bandes dessinées cultes comme le Joe Bar Team, ces deux termes vous parlent forcément.
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L’arsouille : Ce mot désigne une partie de plaisir entre motards sur des petites routes sinueuses, où chacun teste l’agilité de sa moto. L’origine remonterait au XIXe siècle pour désigner les habitués des bars, avant d’évoluer vers « l’ivresse de la vitesse ».
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Se tirer la bourre : Apparue dans les années 1950, cette expression signifie faire la course pour aller le plus vite possible. À l’origine, on disait que l’on « bourrait » le moteur au maximum de ses capacités en carburant.
Le lexique de la route et du comportement
Pour rouler en toute sécurité, il faut aussi comprendre comment les motards qualifient les autres usagers et les techniques de conduite.
Le caisseux
C’est le terme (affectueux ou un brin taquin) utilisé pour désigner un automobiliste. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une voiture ressemble à une grande caisse fermée sur quatre roues, contrairement à la liberté offerte par le deux-roues !
La bande de peur
Regardez le pneu arrière d’une moto. La bande de peur désigne la zone brillante et non usée sur les extrêmes bords du pneu. Elle permet de voir jusqu’où le motard fait pencher sa moto dans les virages. Même si certains y voient un outil de mesure pour l’ego, rappelez-vous qu’une bonne trajectoire de sécurité vaut mille fois mieux qu’une moto penchée à l’excès !
Faire l’intérieur ou l’extérieur
Ces expressions viennent directement des courses hippiques avant de se démocratiser dans les sports mécaniques. Faire l’intérieur consiste à dépasser un autre véhicule entre lui et le point de corde du virage. Faire l’extérieur est l’inverse : on dépasse par le côté le plus éloigné du virage.
Faire l’aspi (l’aspiration)
Se coller juste derrière un véhicule pour réduire la résistance de l’air et gagner en vitesse. Notre conseil d’enseignant : À bannir absolument sur la route ! Coller le véhicule de devant détruit vos distances de sécurité et vous met en grand danger.
Se faire pourrir
Une expression typique du Joe Bar Team qui signifie se faire dépasser proprement et rapidement par un autre motard, sans avoir la moindre chance de le rattraper.
Les figures
Le stunt est une discipline acrobatique à moto. Ses figures ont donné naissance à des mots très populaires, souvent d’origine anglaise :
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Le Wheeling : L’action de conduire sur la seule roue arrière en faisant décoller la roue avant.
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Le Stoppie : L’exact inverse du wheeling. On freine fort du frein avant pour soulever la roue arrière. Cette figure est née dans les années 1970 avec l’arrivée des freins à disque performants.
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Le Burn : Bloquer le frein avant et accélérer fort pour faire patiner et chauffer le pneu arrière sur place, créant un gros nuage de fumée.
(Inutile de vous préciser que ces cascades n’ont pas leur place sur la voie publique et détruisent vos pneus à vitesse grand V !)
Le code d’honneur : les signes de solidarité
La communauté motarde est connue pour sa grande fraternité. Elle s’exprime à travers des gestes simples du quotidien.
Le signe du « V »
Faire un V avec l’index et le majeur est le salut motard traditionnel. Si certains attribuent ce geste au pilote Barry Sheene dans les années 70, il s’agit avant tout d’un symbole de communauté et de bienveillance pour signaler que la route est sûre.
Le signe du pied
Lorsque vous dépassez un caisseux qui s’est gentiment écarté pour vous laisser le passage, vous pouvez sortir légèrement le pied droit. C’est le moyen le plus simple et le plus sûr de lui dire « merci » sans lâcher la poignée des gaz.
Important : Si vous êtes en plein virage ou que la situation demande toute votre attention, gardez vos pieds sur les repose-pieds et vos mains sur le guidon. La sécurité passe toujours avant la politesse, et les autres motards le comprendront parfaitement !
On vous a préparé une vidéo complète sur le sujet juste ici :

